C’est un coup d’accélérateur décisif pour le Gabon. À Abidjan, en marge du plus grand rendez-vous économique du continent, le pays a acté un partenariat stratégique de haute portée : Gabon Power Company (GPC), Wärtsilä Development & Financial Services Oy et Melec PowerGen (MPG) ont signé un pacte d’actionnaires pour lancer la centrale thermique à gaz de 125 MW d’Owendo, un projet structurant qui repositionne le Gabon sur la carte des nations africaines en marche vers la sécurité énergétique.

Plus qu’un projet, une rupture stratégique

Lancé pour entrer en service dès fin 2027, ce projet de production indépendante d’électricité (IPP) est une réponse claire à une problématique chronique : la fragilité énergétique du pays. Libreville et sa périphérie, à l’image d’autres zones du pays, ont longtemps subi les conséquences de coupures récurrentes, freinant le développement industriel et limitant l’attractivité économique.

Avec 125 MW supplémentaires, la centrale d’Owendo n’est pas un simple renfort : elle incarne un changement de paradigme. L’État n’investit plus seul, mais ouvre ses infrastructures à des partenariats performants avec des acteurs privés internationaux de premier plan. Une stratégie plus agile, plus rapide, et surtout plus crédible auprès des bailleurs.

« Ce projet nous permet de démontrer que le Gabon est prêt à accueillir des investissements structurants. La preuve : nous ne sommes plus dans les promesses, mais dans la signature d’actes concrets », explique Philippe Ossoucah, Directeur général de GPC.

Un modèle fondé sur la confiance et la performance

La réussite de ce projet repose sur un triptyque clair : co-développement, expertise technologique, viabilité financière. Wärtsilä apporte une technologie fiable et éprouvée, Melec PowerGen son expérience opérationnelle sur le continent, et GPC joue le rôle de catalyseur stratégique, fort du soutien du Fonds Gabonais d’Investissement Stratégique (FGIS).

Cette collaboration s’inscrit dans une dynamique plus vaste : celle de bâtir une architecture énergétique diversifiée, associant thermique, hydraulique (Kinguélé Aval, 35 MW), et bientôt solaire. Le pays pose ainsi les jalons d’un mix énergétique durable, indispensable pour sécuriser l’alimentation, soutenir l’industrialisation, et accompagner la transition écologique.

Un signal politique assumé

Que cette signature ait eu lieu à Abidjan, au cœur de l’Africa CEO Forum, n’est pas anodin. Le Gabon s’est mis en scène comme une destination d’investissements sérieux, structurés, crédibles. Il s’adresse directement aux grands bailleurs, aux fonds d’investissement, aux banques de développement. Et il parle leur langage : contractualisation rapide, sécurisation juridique, gouvernance renforcée.

« Nous voulons aller vite, répondre aux besoins des populations, mais aussi attirer les partenaires privés sur la base d’une vision claire : performance, transparence et impact durable », martèle Ossoucah.

Vers un effet d’entraînement régional ?

Ce projet dépasse largement les frontières de Libreville. Il ouvre la voie à un repositionnement régional du Gabon comme hub énergétique en Afrique centrale. La montée en puissance de ses capacités de production pourrait, à terme, favoriser l’intégration énergétique sous-régionale, renforcer les interconnexions et offrir une alternative compétitive aux modèles énergétiques fossilisés.

C’est aussi un levier majeur de diversification économique. De nombreux secteurs (agro-industrie, numérique, métallurgie, services logistiques) dépendent d’une énergie stable. Sans cela, aucune émergence n’est possible. Ce que Brice Clotaire Oligui Nguema et son gouvernement ont compris, c’est que l’énergie est la colonne vertébrale de toute ambition nationale.

Le temps de l’exécution est arrivé

En signant ce pacte, le Gabon ne se contente pas de faire de l’affichage. Il change de méthode. Après les diagnostics et les discours, vient l’ère de l’action, des résultats, du concret. La centrale d’Owendo est plus qu’une infrastructure : c’est le symbole d’un pays qui veut transformer son potentiel en puissance réelle.

La balle est désormais dans le camp des investisseurs. Et le Gabon, plus que jamais, semble prêt à jouer dans la cour des grands.

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