À peine rentré de sa tournée diplomatique à New York et à La Havane, Brice Clotaire Oligui Nguema a convoqué en urgence, ce lundi 29 septembre, son ministre de l’Intérieur, Hermann Immongault. Une initiative qui en dit long sur l’irritation du chef de l’État après les irrégularités signalées lors du premier tour des élections législatives et locales.
Un rappel à l’ordre qui ne passe pas inaperçu
C’est dans le salon présidentiel de l’aéroport de Libreville, dans une atmosphère que plusieurs sources qualifient de « tendue », que s’est tenue cette réunion improvisée. Brice Oligui Nguema, tout juste descendu de son avion présidentiel, n’a pas souhaité différer cet entretien. Un signal fort, qui traduit à la fois sa volonté de reprendre le contrôle du processus électoral, et son refus de tolérer des défaillances dans l’organisation du scrutin.
Selon des sources fiables proches de la Présidence gabonaise, le dirigeant Gabonais aurait été particulièrement ferme, évoquant un “manquement inacceptable” dans certains bureaux de vote. Il s’agit par ailleurs du deuxième recadrage adressé à Hermann Immongault depuis le début du processus électoral, entamant la confiance dont il bénéficiait jusqu’ici au sein du cercle présidentiel.
Une posture de chef et une ligne de conduite
L’épisode s’inscrit dans une logique de gouvernance que le Chef de l’Etat devenu martèle depuis son arrivée au pouvoir : restauration de l’autorité de l’État, discipline institutionnelle et ancrage démocratique dans le cadre de la 5e République. À ce titre, les élections du 27 septembre étaient un test, non seulement pour la nouvelle administration, mais aussi pour la promesse faite aux Gabonais d’un avenir politique plus transparent.
Or, les critiques n’ont pas tardé à émerger sur les réseaux sociaux : retards d’ouverture de bureaux de vote, tensions dans certaines circonscriptions, matériel électoral endommagé. Si le scrutin s’est globalement déroulé dans le calme, les incidents relevés, aussi minoritaires soient-ils, n’ont pas été ignorés par le président.
Entre diplomatie internationale et enjeux internes
Ce retour à Libreville survient après une séquence diplomatique intense. À New York, Oligui Nguema a défendu, devant l’Assemblée générale de l’ONU, la trajectoire politique du Gabon post-transition. À Cuba, il a renforcé les liens bilatéraux autour de projets de coopération dans la santé, l’éducation et la sécurité. Mais à l’évidence, le chef de l’État garde les yeux rivés sur les priorités internes, en particulier ce processus électoral scruté à la fois par la société civile et par la communauté internationale.
Une pression accrue sur le second tour
Alors que le deuxième tour des législatives approche, le président souhaite éviter toute remise en cause de la légitimité du scrutin. Il a d’ailleurs, selon nos informations, demandé que toutes les mesures nécessaires soient prises pour corriger les défaillances observées au premier tour.
Pour Oligui Nguema, la crédibilité du projet de 5e République est en jeu. Son autorité, désormais bien installée à la tête de l’État, s’accompagne d’un discours de rigueur auquel les membres de son gouvernement sont désormais sommés de se conformer.
