En recevant ce 21 octobre 2025 au Palais Rénovation les représentants de la Banque africaine de développement (BAD), ainsi que les dirigeants des groupes Porteo et Sinohydro, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a voulu marquer un tournant : celui de la rigueur face aux retards et à l’opacité dans la gestion des grands projets d’infrastructures.
En ligne de mire : deux corridors majeurs — Alimbé–Mikouyi et Ndéndé–Doussala — censés incarner la nouvelle ambition d’un Gabon mieux connecté, plus compétitif et résolument tourné vers l’intégration sous-régionale.
Des routes pour recoudre le territoire
Les deux axes, l’un situé dans le Moyen-Ogooué, l’autre dans la Ngounié, sont présentés comme des leviers de désenclavement à l’échelle nationale mais aussi comme des vecteurs de commerce régional, notamment avec le Congo et le Cameroun. Ils s’inscrivent dans le Plan national des infrastructures, relancé depuis l’arrivée au pouvoir d’Oligui Nguema en août 2023.
Mais sur le terrain, les retards s’accumulent, la coordination technique laisse à désirer, et la crédibilité de l’État se joue désormais sur l’exécution rapide de ces projets.
Un message clair aux partenaires : livrer, sans excuses
Face aux représentants de la BAD et aux entreprises chinoises, le président n’a pas mâché ses mots. Dans un ton direct, assumé, Oligui Nguema a rappelé l’importance stratégique de ces chantiers pour le redressement du pays, tout en posant un principe de base : « Aucun retard ne sera toléré. »
Ce langage de fermeté vise autant les prestataires que l’administration publique elle-même, régulièrement pointée du doigt pour ses lenteurs et ses défaillances en matière de suivi de projet.
Gouvernance des projets : vers un contrôle renforcé
La BAD, partenaire financier majeur, a réaffirmé son engagement aux côtés de Libreville, tout en saluant la volonté présidentielle d’imposer un cadre rigoureux et transparent.
De leur côté, Porteo et Sinohydro ont assuré vouloir accélérer les cadences et améliorer la qualité d’exécution. Mais du côté du Palais Rénovation, le signal est donné : les résultats priment désormais sur les promesses.
Une méthode Oligui Nguema en action
À travers ce coup de pression, Brice Clotaire Oligui Nguema confirme une constante de sa gouvernance : la méthode du résultat. Moins tournée vers les effets d’annonce, elle repose sur la rigueur technique, la redevabilité des opérateurs et la centralité de l’État stratège.
Pour Libreville, il ne s’agit plus simplement de construire des routes, mais de restaurer la confiance des citoyens et des bailleurs dans la capacité du pays à mener à bien ses engagements.
