Depuis le changement politique de 2023, la transformation du secteur minier gabonais s’est imposée comme une priorité nationale. Dans cette recomposition, Gagan Gupta apparaît comme l’une des figures clés. Son retour, marqué par un financement de 171 milliards de FCFA accordé à A2MP, illustre le rôle croissant des investisseurs privés dans la stratégie industrielle du Gabon sous Brice Oligui Nguema.
A2MP, société encore jeune comparée aux géants historiques du secteur, multiplie pourtant les avancées : exploitation de plusieurs gisements de manganèse, développement d’un projet de fer et, surtout, lancement d’une aciérie dédiée aux ferro-alliages. Cette dernière évolue en parfaite cohérence avec la nouvelle norme annoncée : d’ici 2029, le Gabon cessera d’exporter du manganèse brut. Une rupture profonde avec la tradition minière du pays.
Le soutien financier massif d’Afreximbank matérialise une tendance continentale : valoriser localement les ressources plutôt que les exporter. Cette mutation structurelle, encore lente, s’accélère avec l’arrivée d’investisseurs capables d’intégrer toute la chaîne de valeur. Gupta fait partie de ceux qui saisissent cette nécessité avant les autres.
Le projet d’aciérie représente bien plus qu’une infrastructure industrielle. Il symbolise un basculement vers un modèle économique où le Gabon aspire à devenir producteur, transformateur et exportateur de produits à haute valeur. Cette ambition repose toutefois sur la capacité du pays à attirer des partenaires fiables et techniquement solides.
Pour le gouvernement d’Oligui Nguema, l’avancée d’A2MP constitue une opportunité mais aussi un test. Le Gabon veut démontrer qu’il peut sortir du cycle extractif classique. Le succès ou l’échec de ce projet pourrait devenir un marqueur décisif de la transition économique engagée.
