Un projet industriel d’envergure nationale
Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a lancé un projet ambitieux pour repositionner la Nyanga au cœur de l’économie gabonaise. L’idée : créer un corridor minier capable d’exploiter de manière intensive trois ressources stratégiques, le fer de Milingui, le marbre de Doussièguoussou et la potasse de Mayumba.
Ce virage intervient dans un contexte de déclin annoncé des revenus pétroliers, poussant les autorités à accélérer la diversification économique du pays.
Des chiffres qui traduisent une forte ambition
Le gouvernement affiche des objectifs précis : jusqu’à 7 000 emplois directs et indirects et 100 milliards de FCFA de recettes annuelles dès 2026. Des projections qui témoignent de la volonté de faire de la Nyanga un véritable moteur de croissance.
Ces retombées pourraient transformer le quotidien des populations locales, dans une province où les perspectives économiques restent limitées.
Un défi logistique et infrastructurel majeur
Mais pour atteindre ces objectifs, un prérequis s’impose : désenclaver la région. Le projet prévoit des investissements lourds dans les infrastructures afin de faciliter le transport des minerais vers les ports et les marchés internationaux.
Sans routes, sans logistique performante et sans chaîne de valeur structurée, l’exploitation des ressources resterait théorique.
Une réalité sociale alarmante
La Nyanga est aujourd’hui l’une des provinces les plus fragiles du Gabon. Selon les données disponibles, plus de 77 % des ménages vivent sous le seuil de pauvreté, et près d’un habitant sur deux est en situation de grande pauvreté.
À cela s’ajoute un déficit d’attractivité économique chronique. Avec seulement 0,5 % de l’activité économique nationale, la province peine à attirer les investisseurs.
Un pari politique sous surveillance
Dans ces conditions, le projet du corridor minier apparaît comme un pari risqué. Les précédents en matière de grands projets non aboutis alimentent le scepticisme.
Pour Brice Oligui Nguema, l’enjeu dépasse l’économie : il s’agit de prouver que l’État peut transformer une vision ambitieuse en résultats concrets, dans l’une des régions les plus délaissées du pays.
