Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema veut remettre de l’ordre dans un système de prélèvements devenu, selon les autorités, source de confusion et de tensions avec le secteur privé. Réunis à Libreville ce mercredi, les responsables des principales administrations génératrices de recettes publiques ont été rappelés à l’ordre par le chef de l’État, décidé à engager une réforme profonde de la parafiscalité.
Depuis plusieurs années, les opérateurs économiques dénoncent l’empilement des taxes, contrôles et frais administratifs appliqués par différents organismes publics. Cette multiplicité d’intervenants entraîne des coûts supplémentaires pour les entreprises et nourrit les critiques sur l’opacité de certaines recettes collectées hors des circuits traditionnels du Trésor public.

Face à cette situation, le président gabonais a exigé la mise en place d’un dispositif beaucoup plus encadré. Toute opération de prélèvement devra désormais reposer sur une base légale clairement définie dans la loi de finances et faire l’objet d’une publication officielle. Les taxes non conformes ou considérées comme illégales seront supprimées, tandis que les recettes seront centralisées au niveau du Trésor public.
Le pouvoir entend également réduire les chevauchements entre administrations. Plusieurs structures exerçant des missions similaires pourraient voir leurs compétences regroupées afin d’éviter les doublons et les contrôles répétitifs auprès des entreprises. Un service unique de coordination des contrôles devrait être créé dans les prochains mois pour harmoniser les interventions de l’État auprès des opérateurs économiques.

Cette séquence s’inscrit dans la stratégie plus large de modernisation administrative portée par Brice Clotaire Oligui Nguema depuis son arrivée au pouvoir. La digitalisation des paiements publics apparaît désormais comme un axe prioritaire afin d’améliorer la traçabilité des recettes, limiter les circuits parallèles et renforcer la capacité de l’État à mobiliser efficacement ses ressources financières.

