En lançant la Compagnie Nationale de Transport (CNT), le président Brice Clotaire Oligui Nguema ouvre un nouveau chapitre dans la réorganisation des services publics gabonais. Cette société, issue de la fusion entre la SOGATRA et Trans’Urb, doit devenir le bras opérationnel de l’État dans un secteur considéré comme stratégique pour la modernisation du pays et la relance de l’activité économique.
Depuis plusieurs années, les transports publics gabonais souffrent d’un déficit structurel marqué par l’insuffisance des véhicules, des difficultés de maintenance et des problèmes de desserte dans plusieurs quartiers populaires. Avec la CNT, l’exécutif veut construire un opérateur plus performant capable d’offrir des services réguliers, fiables et mieux adaptés aux besoins des populations urbaines.
La stratégie gouvernementale repose aussi sur une diversification des activités. La nouvelle compagnie prévoit notamment de se positionner sur le transport des hydrocarbures grâce à une flotte de camions spécialisés et sécurisés. Dans un pays où le pétrole demeure un pilier économique majeur, cette orientation pourrait permettre à l’État de renforcer ses capacités logistiques tout en réduisant certains coûts liés à la sous-traitance.
La CNT entend également jouer un rôle dans le transport de marchandises avec l’acquisition de gros porteurs destinés à fluidifier les échanges commerciaux. À cela s’ajoute un segment de transport urbain premium pensé pour les entreprises et les personnalités, une offre qui traduit la volonté des autorités de développer un modèle économique hybride combinant missions publiques et rentabilité commerciale.
Le projet prévoit enfin l’introduction de taxis modernes et de camionnettes utilitaires dans le cadre du programme Taxi Gab. Au-delà de la question de la mobilité, les autorités espèrent faire de cette réforme un moteur de création d’emplois et de professionnalisation du secteur. Pour Brice Oligui Nguema, la CNT doit désormais symboliser la capacité du nouvel exécutif à transformer concrètement les infrastructures du quotidien.
