Vingt-sept millions de FCFA pour tenter de faire émerger dix-huit activités économiques : à Makokou, le programme « CBON 241 » entre dans sa phase opérationnelle. Brice Clotaire Oligui Nguema a remis à chacun des premiers bénéficiaires un chèque de 1,5 million de FCFA, au terme d’un processus de formation et de sélection conduit par le Pôle national de promotion de l’emploi.
L’originalité du mécanisme tient à l’absence de remboursement. Contrairement à un crédit classique, l’aide est versée comme un capital destiné à financer le démarrage ou le développement d’un projet. Dans un environnement où l’accès au crédit demeure difficile pour de nombreux jeunes, notamment en raison du manque de garanties, cette formule cherche à réduire la distance entre la volonté d’entreprendre et la capacité réelle d’investir.
Le lancement à Makokou traduit aussi une volonté de déplacer le centre de gravité des politiques publiques. Longtemps concentrés dans la capitale, les programmes d’accompagnement économique sont ici inaugurés dans l’Ogooué-Ivindo avant un déploiement annoncé sur l’ensemble du territoire. CBON 241 vise, à terme, 1 000 porteurs de projets, avec l’ambition de faire de l’initiative individuelle un instrument de lutte contre le chômage et la précarité.
La distribution de subventions ne suffira toutefois pas à garantir la pérennité des entreprises créées. L’enjeu sera d’accompagner les bénéficiaires après le décaissement, de contrôler l’affectation des fonds et d’évaluer les revenus ainsi que les emplois générés. Pour Brice Oligui Nguema, la séquence de Makokou ouvre donc une phase plus exigeante : celle où l’efficacité de la dépense publique devra être démontrée par des résultats économiques durables.

