C’est au début des années 2000, que la volonté de s’établir en leader de la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la nature que le Gabon entreprit de créer 13 parcs nationaux et décida de la protection intégrale de plusieurs espèces animales, parmi lesquels les éléphants qui en étaient victimes d’un sévère trafic pour leurs ivoires.
La création de ces nombreuses aires protégées sur le territoire national et l’interdiction formelle de tuer plusieurs espèces animales, a fait croître considérablement les populations de ces espaces au cours de ces deux dernières décennies, engendrant par conséquent un conflit fréquent entre les hommes et la faune sauvage, à l’exemple de celui récemment vécu ce 28 septembre 2024 par les élèves et le personnel du Lycée Hubert N’na Ekamkam d’Ovan. Un pachyderme s’est introduit dans l’établissement, avant d’être abattu par les riverains.
Cette situation trouve également ses origines dans la surexploitation de nos forêts, ces derniers temps, ont déréglé l’habitat naturel de plusieurs espèces animales, notamment les éléphants qui ont désormais tendance à migrer vers les villages, occasionnant régulièrement de nombreux dégâts matériels et parfois humains. Destruction des plantations, d’habitations, de sépulcres et attaques physiques sur les humains, voilà le lot que réservent aujourd’hui les éléphants aux populations rurales.
Rappelons qu’Ovan est une ville dans la province de l’Ogooué-Ivindo, précisément dans le département de la Mvoung. Et selon les nombreux témoins sur place, les éléphants avaient pris l’habitude d’aller saccager les plantations à proximité de la barrière du Lycée Hubert N’na Ekamkam d’Ovan. Cet événement devrait réellement interpeller les gouvernants et les organismes internationaux d’arriver à trouver une solution vraiment durable.
La protection ne saurait se concentrer que sur celle de la biodiversité car à côté de celle-ci, il y a la protection des populations. Les deux protections vont de pair. D’où la question, à quand l’organisation des battues administratives périodiques pour réguler leur nombre ? Une s’ajoute à la première, c’est celle de savoir combien de personnes doivent-elles encore perdre leurs champs, leurs habitations, leurs sépulcres ou leurs vies pour que le Gouvernement se décide d’apporter une solution efficace ?
