Il y a des limites à l’hypocrisie, mais visiblement, Alain-Claude Bilie-By-Nze ne les connaît pas. L’ancien Premier ministre, qui a passé plus de dix ans aux plus hautes fonctions de l’État, prétend aujourd’hui vouloir “aller à la rencontre des populations” pour comprendre leurs souffrances. Une déclaration qui ne relève ni de l’ignorance ni de la naïveté, mais bien d’une mesquinerie politique assumée. Car Bilie-By-Nze ne découvre rien : il a toujours su, mais il a choisi de ne rien faire.

Un homme qui savait mais qui s’en moquait

Ministre de la Communication, de la Culture, de l’Énergie, des Affaires étrangères, puis chef du gouvernement, Bilie-By-Nze a eu accès à toutes les informations sur l’état du pays. Il savait que les hôpitaux manquaient de matériel et que les écoles étaient en ruine. Il savait que les Gabonais luttaient contre la pauvreté pendant que les élites du pouvoir s’enrichissaient.

Mais pendant toutes ces années, plutôt que de s’indigner ou d’agir, il a préféré le confort du silence et des privilèges. Il a servi un système qu’il savait défaillant, et il l’a fait avec arrogance. Chaque fois qu’il descendait sur le terrain, ce n’était pas pour écouter le peuple, mais pour être vu et applaudi. Aujourd’hui, il feint la surprise face aux souffrances qu’il a lui-même contribué à perpétuer.

Une tentative pitoyable de manipulation

Cette soudaine prise de conscience n’a rien de sincère. Elle est calculée, opportuniste et profondément méprisante. Désormais exclu du pouvoir, Bilie-By-Nze cherche à se refaire une image en jouant la carte de la proximité. Mais cette stratégie est aussi grossière que prévisible : un homme qui a passé des années à ignorer les souffrances du peuple ne peut pas, du jour au lendemain, se présenter comme son défenseur.

Le plus cynique dans cette manœuvre, c’est qu’elle repose sur un pari simple : il pense que les Gabonais sont assez naïfs pour oublier son passé et croire à son revirement soudain. Il ne s’excuse pas, il ne reconnaît pas ses erreurs, il ne justifie pas son inaction. Non, il joue simplement la carte du “je ne savais pas”, espérant effacer d’un revers de main une décennie de complicité avec un régime qui a écrasé le peuple.

Les Gabonais ne sont pas dupes

Si Bilie-By-Nze pense pouvoir berner les Gabonais, il se trompe lourdement. Ceux qui ont souffert sous son indifférence n’ont pas oublié. Ils savent que son retour sur le terrain n’est pas une démarche sincère, mais un énième calcul politique, motivé par l’ambition et la volonté de se repositionner pour 2025.

Un homme qui a méprisé les attentes du peuple lorsqu’il était au sommet de l’État n’a aucune légitimité à venir leur parler de souffrance aujourd’hui. S’il veut regagner la confiance des Gabonais, il devra d’abord répondre à cette question essentielle : pourquoi n’a-t-il rien fait lorsqu’il en avait le pouvoir ?

Sans réponse claire, ses belles paroles ne seront que l’expression d’une mesquinerie politique de plus.

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