Dans une volonté affirmée de moderniser le football africain, la Confédération Africaine de Football (CAF) a récemment mis en place de nouvelles exigences strictes en matière de coaching. Approuvées lors de la réunion du Comité exécutif du 16 décembre 2024, ces règles s’appliquent désormais à toutes les compétitions interclubs et nationales. Et déjà, leur application provoque des remous : la sélection nationale du Gabon s’est vue privée de son sélectionneur principal à la veille de son entrée en compétition de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN).
En effet, le sélectionneur gabonais ne possède qu’une licence CAF B, insuffisante selon les nouvelles normes de la CAF pour encadrer une équipe nationale masculine en compétition officielle. Conformément au règlement, il a été interdit d’accès aux zones techniques et a perdu temporairement son statut officiel. Sa présence sur le banc de touche étant désormais impossible, la Fédération Gabonaise de Football (FEGAFOOT) a dû réagir en urgence.
Une onde de choc au sein du football gabonais
L’annonce a provoqué une onde de choc dans les milieux sportifs gabonais. Plusieurs anciens internationaux, comme l’ex-capitaine Bruno Ecuélé Manga, ont exprimé leur incompréhension. » C’est regrettable que la sélection soit pénalisée sur un détail administratif, alors que le groupe est prêt « , a-t-il confié sur une radio locale. Les supporters, eux, oscillent entre colère et résignation, pointant du doigt un manque d’anticipation de la part des autorités sportives.
Dans les coulisses, la FEGAFOOT aurait sollicité en urgence un entraîneur local disposant de la licence CAF A pour assurer l’intérim. Une transition précipitée, qui perturbe la préparation de l’équipe, jusque-là bâtie sur la stabilité d’un groupe technique soudé.
Un premier match sous haute tension
Sportivement, l’impact est réel. Le premier match du Gabon s’annonce délicat face à l’Angola, tant pour les joueurs que pour le staff remanié à la hâte. La pression médiatique s’ajoute à la tension du vestiaire. » Le groupe est mentalement affecté. Nous avions construit une cohésion autour du coach. C’est une épreuve, mais nous allons jouer pour lui « , a déclaré le capitaine de l’équipe en conférence de presse.
Un avertissement pour l’ensemble du continent
Ce cas gabonais sonne comme un avertissement pour d’autres fédérations : la CAF entend faire respecter ses directives avec rigueur. Une période transitoire de deux saisons est bien prévue, mais elle ne s’applique qu’aux entraîneurs engagés avant le 16 décembre 2024. Toute nomination postérieure tombe immédiatement sous le coup des nouvelles normes.
Si la situation du Gabon met en lumière les difficultés d’adaptation à une réforme aussi ambitieuse, elle rappelle aussi l’exigence croissante qui entoure le football africain : pour exister sur la scène mondiale, il faudra désormais une expertise certifiée, encore plus sur le banc de touche.
