Secoué par une vague de départs en provenance du Woleu-Ntem, le Parti démocratique gabonais (PDG) a réagi fermement. Le 10 mai, l’ex-parti au pouvoir a déclaré irrecevable la démission en bloc de plusieurs militants, invoquant ses textes statutaires et menaçant de poursuites contre toute tentative de déstabilisation de son fonctionnement interne.

Un rappel strict des règles internes

S’appuyant sur son Manuel de procédure, le PDG affirme que « toute démission collective est irrecevable ». Selon l’article 53 de ce document, les départs doivent impérativement être individuels et suivre une procédure bien définie : le militant souhaitant se retirer doit adresser sa lettre de démission au secrétariat fédéral de son comité, avec un accusé de réception faisant foi. Ce n’est qu’après transmission à la Commission centrale de discipline et des promotions, analyse de la régularité, puis délivrance éventuelle d’un quitus que la démission devient effective, par enregistrement officiel au secrétariat général.

« Cette procédure permet notamment de vérifier que le militant est à jour de ses obligations statutaires », précise le directoire du parti, qui estime que toute démission ne respectant pas ce processus est nulle et non avenue.

Militants toujours considérés comme membres

En l’état, les militants du Woleu-Ntem concernés sont toujours officiellement membres du PDG. Et le parti n’entend pas en rester là : « Le PDG se réserve le droit d’engager toute action appropriée afin de préserver l’intégrité de son fonctionnement », a averti le directoire dans son communiqué.

Une réaction défensive dans un contexte de fragilité

Cette posture ferme du PDG intervient dans un contexte de recomposition politique nationale, moins d’un an après la chute du régime d’Ali Bongo Ondimba. Confronté à une perte d’influence et à la démobilisation de certains de ses cadres, l’ancien parti majoritaire tente visiblement de préserver sa cohésion interne, quitte à durcir le ton.

Reste à savoir si cette fermeté suffira à contenir les fractures internes de cette formation politique longtemps hégémonique, aujourd’hui en quête de repositionnement.

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