Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a vanté un Gabon apaisé et ambitieux à Rome. Devant un parterre d’entrepreneurs italiens, il a déroulé une vision de relance fondée sur la stabilité retrouvée, l’ouverture économique et la diversification des partenariats.

C’est un discours calibré pour séduire l’Europe que le chef de l’État gabonais a prononcé le 31 octobre 2025, dans une salle de conférence romaine remplie de chefs d’entreprises italiennes. Face à un auditoire attentif, Brice Oligui Nguema a voulu tourner la page de la transition politique pour projeter le Gabon dans une ère de confiance et de croissance.

« Que cette rencontre marque une nouvelle étape pour redynamiser la coopération entre le Gabon et l’Italie », a-t-il déclaré, sous les applaudissements, en ouverture d’une séquence diplomatique qu’il veut résolument tournée vers l’investissement.

Autour de lui, des figures du patronat italien, invitées par le groupe GKSD Investment Holding, écoutaient le chef de l’État détailler les contours de son Plan national de croissance et de développement 2026-2030. Ce document, véritable feuille de route du quinquennat, ambitionne de transformer le pays en plateforme régionale d’industries et de services.

Un message de stabilité politique

Depuis sa prise de pouvoir en 2023, Brice Oligui Nguema cherche à convaincre que le Gabon a retrouvé la paix institutionnelle. À Rome, il a martelé que la transition s’était déroulée “sans effusion de sang” et que les élections générales de 2025 avaient rétabli “l’ordre constitutionnel pleinement établi”.

Fort d’un score officiel de 94,85 % et d’une majorité des deux tiers à l’Assemblée nationale, le président de l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB) se présente comme un dirigeant légitimé, prêt à engager des réformes économiques profondes. « Le Gabon est désormais stable, prévisible et ouvert », a-t-il résumé, cherchant à rassurer des investisseurs longtemps refroidis par les incertitudes politiques et la volatilité réglementaire.

Croissance, infrastructures, innovation

Le plan présenté à Rome met l’accent sur la diversification d’une économie encore trop dépendante du pétrole et du manganèse. Le président a évoqué plusieurs chantiers majeurs : la construction des barrages hydroélectriques de Fé 2, de l’Impératrice et de Booué, la réhabilitation du réseau ferroviaire et la création d’une ligne Booué–Mayumba de 901 kilomètres, censée désenclaver les régions du sud.

Autre projet symbolique : la naissance d’une ville intelligente, baptisée “Libreville 2”, conçue comme le futur laboratoire urbain du pays. Dans le domaine de la santé, le Gabon mise sur la modernisation des infrastructures hospitalières et la formation du personnel médical, un secteur où l’expertise italienne est particulièrement convoitée.

Séduire les capitaux européens

Pour attirer les investisseurs, Brice Oligui Nguema a annoncé une série de mesures incitatives : protection des capitaux, liberté de transfert des bénéfices et octroi d’un titre de séjour de dix ans pour tout apport supérieur à 15 millions d’euros.

Le gouvernement entend multiplier les partenariats public-privé et recourir au modèle “Build, Operate, Transfer” (BOT), privilégié pour les grands chantiers énergétiques et logistiques.

« Nous voulons désormais que nos partenaires implantent au Gabon des unités de production modernes et compétitives », a insisté le président, plaidant pour une montée en gamme industrielle et une transformation locale des ressources naturelles.

L’Italie, un partenaire de choix

Rome occupe une place particulière dans la nouvelle géographie diplomatique gabonaise. Pour Oligui Nguema, l’Italie combine un savoir-faire technologique reconnu et une diplomatie africaine pragmatique. Selon des sources diplomatiques, la rencontre entre le président gabonais et la Première ministre Giorgia Meloni devrait déboucher sur la signature d’un mémorandum de coopération économique couvrant les secteurs de la santé, de l’énergie et des infrastructures.

Cette visite italienne s’inscrit dans une stratégie plus large de rééquilibrage des alliances. Le président gabonais multiplie les signaux d’ouverture vers de nouveaux partenaires européens et asiatiques, tout en cherchant à repositionner son pays comme un pôle stable au cœur de l’Afrique centrale.

“Ne soyez pas les derniers à venir”

En conclusion, le chef de l’État a lancé un appel sans ambiguïté :

« Vous êtes les bienvenus au Gabon, terre d’opportunités, de paix et d’avenir. Ne soyez pas les derniers à venir. »

Ce ton direct résume la philosophie du nouveau pouvoir gabonais : pragmatisme économique, ouverture diplomatique et recherche de crédibilité internationale.

À Rome, Brice Oligui Nguema n’a pas seulement cherché des investisseurs. Il a voulu imposer l’image d’un Gabon rassurant, volontaire et de retour sur la scène économique mondiale.
Reste à savoir si les promesses de stabilité et les incitations fiscales suffiront à transformer le discours présidentiel en engagement durable des partenaires européens.

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