La décision du président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema de se séparer de son ministre de l’Économie, Henry Claude Oyima, s’inscrit dans une séquence politique révélatrice des tensions internes à l’appareil d’État.
La loi de finances portée par Oyima a constitué un point de rupture. Contestée pour ses hypothèses macroéconomiques et son manque de réponses concrètes aux inégalités sociales, elle a fragilisé l’exécutif sur le terrain économique.
Mais c’est surtout la question du cumul des fonctions qui a durablement entamé la légitimité du ministre. Le maintien à la tête de la BGFI Bank, acteur central du système financier régional, posait un problème éthique majeur dans un contexte de réforme de la gouvernance.
À cela s’est ajoutée la tentative d’instauration d’une taxe d’habitation, mesure fiscalement ambitieuse mais socialement mal acceptée, devenue un symbole de déconnexion entre le pouvoir et les réalités quotidiennes.
En tranchant, Brice Oligui Nguema affirme une ligne : celle de la séparation des intérêts et du primat de la responsabilité politique. Une décision qui pourrait redéfinir durablement les standards de gouvernance au Gabon.

