Le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, a décidé de tourner une page sensible dans l’organisation du renseignement technique du pays. Selon des informations publiées par Africa Intelligence, il a mis fin au contrat du Français Jean-Charles Solon, qui pilotait depuis treize ans le dispositif d’interception des communications de la présidence.
L’expert français, ancien responsable technique lié aux réseaux de renseignement de Paris, supervisait notamment l’acquisition et le fonctionnement des technologies d’écoute utilisées par l’État gabonais. Son départ marque une évolution notable dans la gestion de ces outils stratégiques.
Pour lui succéder, le chef de l’État a choisi le général Bernard Gnamankala, un officier supérieur de police ayant effectué l’essentiel de sa carrière dans le renseignement. Ancien directeur général de la DGDI, il est considéré comme l’un des cadres les plus expérimentés de l’appareil sécuritaire gabonais.
Cette nomination s’inscrit dans une dynamique plus large de réorganisation engagée depuis la transition politique qui a suivi la chute du pouvoir d’Ali Bongo Ondimba. Elle témoigne d’une volonté croissante de reprendre la maîtrise nationale des dispositifs techniques liés à la sécurité.
Si cette décision interroge sur l’évolution de la coopération sécuritaire franco-gabonaise, plusieurs observateurs estiment qu’elle relève davantage d’un rééquilibrage que d’une rupture. Libreville cherche en effet à renforcer son autonomie tout en maintenant des relations étroites avec ses partenaires traditionnels.
