Au Gabon, la sécurité des juridictions est devenue une priorité politique. Après l’incident spectaculaire enregistré au tribunal de Libreville, le ministre de la Justice, Augustin Émane, pilote personnellement un vaste plan de sécurisation destiné à transformer durablement le fonctionnement des palais de justice.
L’événement déclencheur reste gravé dans les mémoires judiciaires. Une usagère, munie de bouteilles de pétrole et d’allumettes, avait tenté de mettre le feu au greffe civil du Tribunal de première instance de Libreville. Si aucun décès n’a été enregistré, l’affaire a provoqué une profonde crise interne et un arrêt immédiat des activités des greffiers à l’appel du SYNAGREF.
Depuis, les discussions se sont accélérées entre le ministère, les syndicats et les services de sécurité. Jacques Lebama, secrétaire général de la Chancellerie, coordonne un chantier qui touche à la fois aux accès physiques, à la circulation des visiteurs et à la présence des forces de sécurité dans les enceintes judiciaires. L’objectif affiché consiste à empêcher toute nouvelle intrusion dangereuse.
Parmi les mesures envisagées figurent des contrôles permanents à l’entrée des tribunaux, avec détecteurs de métaux, inspections des sacs et fouilles physiques. Le ministère souhaite également limiter les accès automobiles grâce à des vignettes sécurisées réservées aux personnels habilités. Des unités supplémentaires de police et de gendarmerie devraient venir renforcer les effectifs existants.
Mais derrière la dimension sécuritaire, le dossier possède aussi une portée politique et symbolique. Pour Augustin Émane, il s’agit de réaffirmer l’autorité de l’institution judiciaire tout en rassurant des agents profondément marqués par les événements de février. Libreville servira de test grandeur nature avant une possible extension du dispositif à Port-Gentil et Franceville.
