En recevant le professeur Denis Mukwege au Palais Rénovation, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a donné une dimension diplomatique et stratégique à une initiative centrée sur la santé humanitaire et la protection des populations vulnérables.
Le prix Nobel de la paix 2018 venait d’achever une session de formation organisée à l’École d’Application du Service de Santé Militaire de Libreville. Cette formation était destinée aux médecins militaires et officiers de santé gabonais appelés à intervenir dans la prise en charge des victimes de violences en situation de conflit.
Durant plusieurs échanges techniques, Denis Mukwege a partagé son expérience acquise dans l’est de la République démocratique du Congo, où il soigne depuis des années des milliers de femmes victimes de violences sexuelles. Son approche multidisciplinaire repose sur les soins médicaux, le soutien psychologique, la réinsertion sociale et la lutte contre l’impunité des auteurs de crimes.
Pour Libreville, cette coopération s’inscrit dans une stratégie plus large de renforcement des capacités nationales dans les domaines de la médecine humanitaire et de la protection des civils. Les autorités gabonaises rappellent que les violences sexuelles utilisées comme arme de guerre constituent une violation majeure du droit international et des résolutions des Nations unies sur les femmes, la paix et la sécurité.
À travers cette rencontre, Brice Oligui Nguema cherche également à renforcer le positionnement diplomatique du Gabon sur les questions humanitaires. Le chef de l’État veut faire émerger une expertise régionale gabonaise dans les domaines de la santé, de la solidarité et de la prise en charge des victimes de violences, avec l’ambition de transformer le pays en référence médicale en Afrique centrale.

