Perdre un territoire contesté sans perdre son influence régionale : tel semble être le pari engagé par Brice Clotaire Oligui Nguema dans le dossier Mbanié. Un an après la décision de la Cour internationale de Justice favorable à la Guinée équatoriale, le président gabonais privilégie une stratégie fondée sur le dialogue et la coopération.
La décision de La Haye a clos l’un des plus vieux différends frontaliers d’Afrique centrale. En attribuant les îles Mbanié, Cocotiers et Conga à la Guinée équatoriale, la CIJ a mis un terme à une querelle héritée de l’époque coloniale et alimentée par les ambiguïtés des accords signés entre la France et l’Espagne au début du XXe siècle.
Loin d’adopter une posture de repli, Libreville a choisi d’exploiter les opportunités créées par cette clarification. Aux yeux des autorités gabonaises, l’acceptation du verdict permet de renforcer l’image d’un État respectueux du droit international, à un moment où la crédibilité institutionnelle constitue un enjeu majeur pour les pays africains.
Cette approche s’inscrit également dans une lecture pragmatique des intérêts économiques. Les ressources maritimes du Golfe de Guinée, qu’il s’agisse de pêche ou d’hydrocarbures, imposent une coopération étroite entre les États riverains. Dans ce contexte, la stabilité juridique apparaît comme un atout plutôt qu’une contrainte.
Les discussions engagées avec Malabo traduisent cette nouvelle orientation. Les deux pays explorent des mécanismes de concertation susceptibles de garantir un partage équilibré des bénéfices économiques tout en consolidant la paix régionale. Pour Brice Oligui Nguema, la véritable victoire pourrait désormais se mesurer à la qualité du partenariat construit après le jugement.
