Le gouvernement gabonais change de rythme face à une crise qui affecte quotidiennement des milliers de foyers du Grand Libreville. Quelques jours après une rencontre inédite entre le président Brice Clotaire Oligui Nguema et les agents de la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG), les autorités ont annoncé le déclenchement d’une opération exceptionnelle baptisée « État d’urgence de l’eau ». L’objectif affiché est de garantir un accès rapide à l’eau potable dans les quartiers les plus touchés par les pénuries, tout en engageant une réforme plus profonde du service public.

Selon le gouvernement, cette décision est directement issue des échanges organisés au Centre de Formation Jean Violas entre le chef de l’État et les personnels de la SEEG. Présentée comme un exercice de dialogue franc, cette rencontre a permis d’identifier les principales défaillances techniques et organisationnelles qui affectent la distribution d’eau et d’électricité. Les agents ont reconnu les difficultés auxquelles est confrontée l’entreprise et se sont engagés à accompagner les transformations annoncées par les pouvoirs publics.

L’opération est pilotée sous l’impulsion de la Vice-Présidence de la République, en coordination avec le ministère chargé de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie, avec l’appui des Forces de défense et de sécurité. Cinquante-cinq camions-citernes ont été mobilisés pour desservir plusieurs secteurs du Grand Libreville, notamment Nzeng-Ayong, Akanda, Owendo, Akébé, Glass, Lalala, Bikélé ainsi que le centre-ville. Les autorités ont également fixé le prix de la livraison d’une cuve d’eau à 3 000 francs CFA, contre 10 000 francs CFA auparavant, afin d’alléger le coût supporté par les ménages.

Au-delà de l’urgence, le gouvernement entend restaurer la confiance entre les usagers et les services publics. Des numéros verts seront progressivement déployés pour centraliser les demandes des populations selon les zones de desserte, tandis que des mécanismes de contrôle doivent limiter les risques de fraude et garantir une distribution équitable. L’exécutif appelle également les habitants à signaler les besoins prioritaires afin d’optimiser les interventions sur le terrain.

Cette initiative constitue un nouveau test pour les autorités gabonaises, confrontées à une attente forte de la population sur les questions d’accès aux services essentiels. En plaçant l’eau potable au rang de priorité nationale, Brice Oligui Nguema cherche à démontrer que le dialogue engagé avec les agents publics peut déboucher sur des décisions opérationnelles. Reste désormais à mesurer l’efficacité de ce dispositif d’urgence et sa capacité à ouvrir la voie à une modernisation durable des infrastructures.

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