L’accord signé le 27 juillet à Addis-Abeba entre le Gabon et la Guinée équatoriale suscite de nombreuses interrogations dans l’opinion publique. Plusieurs commentaires ont laissé entendre que Libreville aurait accepté de céder l’île Mbanié. Une interprétation qui ne correspond pas au contenu juridique du texte adopté par les deux États.
Le document signé ne porte pas sur une nouvelle délimitation des frontières ni sur un transfert de souveraineté. Il vise uniquement à organiser les modalités pratiques d’application de l’arrêt rendu le 19 mai 2025 par la Cour internationale de Justice. Les deux gouvernements conviennent ainsi de mettre en place un mécanisme conjoint destiné à accompagner l’exécution progressive de cette décision sous la facilitation de l’Union africaine.
La confusion provient en partie du fait que le débat public se concentre souvent sur la seule île Mbanié. Or, le contentieux examiné par la juridiction internationale concerne un ensemble indissociable comprenant la frontière terrestre, la délimitation maritime ainsi que les îles Mbanié, Conga et Cocotiers. L’application de l’arrêt implique donc une coordination globale entre les deux pays.
Dans cette perspective, l’accord d’Addis-Abeba constitue essentiellement un instrument technique et diplomatique. Il prévoit un cadre de travail entre experts, juristes, diplomates et autorités compétentes afin de coordonner les différentes étapes de la mise en œuvre, sans modifier le contenu de la décision judiciaire internationale.
Pour Libreville comme pour Malabo, l’enjeu est désormais d’assurer une exécution apaisée de l’arrêt dans le respect du droit international. L’accord signé ne crée aucun nouveau droit territorial ; il organise simplement la coopération entre les deux États afin de traduire juridiquement et administrativement une décision déjà rendue.

