Brice Oligui Nguema veut faire du patrimoine historique l’un des marqueurs du Gabon qu’il entend construire. À quelques jours d’une inauguration annoncée comme imminente, le président gabonais a reçu la famille de Georges Damas Aléka pour l’associer au projet monumental consacré à l’auteur des paroles de « La Concorde ». Une séquence symbolique qui s’inscrit dans la volonté présidentielle de remettre certaines grandes figures nationales au premier plan.
L’emplacement choisi n’a rien d’anodin. Face à la Tribune de l’Indépendance, sur le front de mer de Libreville, huit pavillons doivent représenter les provinces, autour d’un monument central de 30 mètres consacré à l’Estuaire. L’esplanade doit ainsi devenir simultanément un nouveau repère architectural de la capitale et un espace de représentation de l’unité territoriale du Gabon.
Mais c’est surtout le nom de Georges Damas Aléka qui donne au projet sa charge politique et historique. Ancien président de l’Assemblée nationale et diplomate, il a légué au pays les paroles de son hymne. En faisant graver « La Concorde » sur les piliers du monument, Oligui Nguema entend inscrire ce patrimoine républicain dans le quotidien des Gabonais et installer la transmission historique parmi les instruments de consolidation de la cohésion nationale.
Le pouvoir met également en avant un chiffre : près de 90 % de la main-d’œuvre du chantier est composée de Gabonais. Une façon d’intégrer au récit mémoriel la question de la compétence et de l’emploi national. En retour, la famille Damas Aléka a marqué son adhésion à la démarche en offrant au chef de l’État un pagne traditionnel « Okorwè », aux couleurs et symboles de la République.

