Des étals modernes, des box, un accès à l’eau, mais surtout une ambition : transformer le petit commerce en véritable moteur économique local. En inaugurant le Grand Marché Général de Mindoubé 1, Brice Oligui Nguema ajoute une nouvelle pièce à la stratégie de modernisation des marchés engagée à Libreville. Pour l’exécutif gabonais, ces infrastructures doivent répondre simultanément à plusieurs défis : améliorer les conditions d’activité des commerçantes, assainir l’organisation du commerce urbain, renforcer les circuits économiques de proximité et accompagner progressivement les petits opérateurs vers davantage de formalisation.
Le nouveau complexe affiche des capacités significatives pour un marché de quartier. Construit sur 5 000 m², il dispose de 130 étals et 60 box, mais également d’une boulangerie, d’un mini-marché et d’un local consacré à la vente en gros. Le forage installé sur le site doit assurer l’approvisionnement en eau de l’infrastructure tout en desservant les riverains. À cela s’ajoutent des toilettes publiques et un parking de 120 places, tandis qu’un accès secondaire a été aménagé pour fluidifier les opérations de livraison et de ravitaillement. Autant d’équipements destinés à rompre avec l’image de marchés insuffisamment aménagés et difficiles d’accès.

Mais la partie la plus stratégique pourrait se situer hors des infrastructures elles-mêmes. La BCEG doit accompagner les commerçantes dans leur bancarisation et leur accès aux services financiers. L’objectif est de faire entrer davantage d’acteurs du commerce populaire dans des circuits financiers structurés, où les recettes peuvent être sécurisées et les activités mieux organisées. Pour le gouvernement, le défi sera désormais de transformer cette inclusion bancaire en accès réel au financement et en croissance des petites entreprises, afin que la modernisation physique des marchés produise également un effet économique mesurable.

Brice Oligui Nguema a enfin donné à cette inauguration une forte dimension symbolique en baptisant le marché du nom du Général d’armée André Camille Nzong. Ancien patron de la Gendarmerie nationale, disparu à Paris le 11 octobre 1990, celui-ci est présenté comme l’une des figures marquantes des Forces de défense et de sécurité gabonaises. Le choix de son nom traduit une méthode désormais visible dans plusieurs projets publics : associer les nouvelles infrastructures à des personnalités de l’histoire nationale, afin que l’investissement matériel serve également de support à une politique de mémoire.

