À Port-Gentil, Brice Oligui Nguema joue une partie qui dépasse la durée de son séjour. En annonçant, le 18 septembre 2026, une semaine supplémentaire dans l’Ogooué-Maritime, le président gabonais renforce son implication dans la relance de la capitale économique. Son pari consiste à associer présence politique, suivi des infrastructures et mobilisation financière. L’objectif affiché suppose de rétablir des conditions favorables à l’activité, tout en donnant aux habitants des raisons concrètes de croire aux projets annoncés.
Le montage financier illustre l’importance de la coopération entre puissance publique et opérateurs économiques. L’effort prévisionnel de 30 milliards de FCFA réunit 7 milliards de l’État et des contributions de Perenco et de TotalEnergies prévues sur cinq ans. Cette combinaison offre une base à plusieurs interventions structurantes. Elle appelle aussi un pilotage rigoureux : les engagements des différents contributeurs doivent s’articuler avec des priorités communes, des échéanciers compatibles et une répartition claire des responsabilités.
Pour les entreprises, la valeur de ce programme se mesurera dans les conditions quotidiennes d’exploitation. Une voirie praticable facilite l’acheminement des marchandises ; une fourniture électrique régulière limite les interruptions ; la formation peut améliorer l’accès aux compétences. Ces investissements sont susceptibles de se renforcer mutuellement. Leur efficacité dépendra donc de la capacité à penser la relance comme un ensemble cohérent, dans lequel les équipements publics soutiennent la production, les échanges et les perspectives d’emploi.
Le suivi présidentiel de la centrale thermique de la SEEG prend, dans ce contexte, une importance particulière. Selon la Présidence, Brice Oligui Nguema a examiné les installations et discuté de leur modernisation avec les techniciens. En matière d’investissement, la prévisibilité compte : les opérateurs doivent pouvoir anticiper leurs coûts et organiser leur activité. Une amélioration de la fiabilité énergétique pourrait ainsi donner une traduction économique tangible à l’attention portée par le chef de l’État à cette infrastructure.
La décision de rester constitue enfin un signal politique adressé à tous les acteurs chargés de la relance. En exigeant des financements sécurisés, des délais et des responsables identifiés, Brice Oligui Nguema cherche à donner de la consistance aux engagements. Son pari gagnera en crédibilité à mesure que les étapes seront franchies et vérifiables. Port-Gentil peut devenir un terrain de démonstration de sa méthode, à condition que l’intensité de la mobilisation se retrouve dans la réalisation des projets.
