Dans un pays où les services urbains peinent à répondre aux attentes des habitants, le président gabonais Brice Oligui Nguema défend la TFH comme un instrument destiné à préserver la cohésion sociale tout en améliorant le cadre de vie. Le gouvernement reconnaît que l’État n’a plus les moyens d’investir significativement, l’essentiel du budget étant absorbé par la dette et les salaires. La réforme apparaît donc comme un compromis entre nécessité budgétaire et volonté de maintien du contrat social.

Cette position s’explique par une volonté affirmée de rejeter les politiques de rigueur. Pour le chef de l’État, réduire les bourses ou les effectifs de la fonction publique reviendrait à affaiblir les mécanismes de redistribution, dans un pays où les inégalités restent marquées. Le maintien de ces acquis est présenté comme un choix politique fort, visant à préserver un équilibre social déjà fragile.

Le dispositif fiscal défendu par le gouvernement repose sur une logique de progressivité. Les ménages les plus aisés, notamment dans des quartiers comme La Sablière, verseraient les montants les plus élevés, tandis que les foyers modestes contribueraient à hauteur de 500 à 1 000 FCFA. Cette structure, inspirée des modèles de contribution urbaine pratiqués dans plusieurs capitales africaines, vise à intégrer la notion de capacité contributive dans la gestion des services publics.

L’enjeu concret de la TFH se situe dans la modernisation urbaine. Ramassage régulier des ordures, amélioration des voies secondaires, lutte contre les inondations récurrentes et construction de logements sociaux constituent les priorités affichées. Ces projets, assure l’exécutif, seront identifiables et potentiellement mesurables sur le terrain, ce qui représente une rupture avec des programmes antérieurs souvent critiqués pour leur manque de visibilité.

Pour rendre la collecte de la contribution accessible et efficace, le gouvernement a choisi de l’intégrer aux factures d’électricité de la SEEG. Cette méthode permet d’atteindre une grande majorité de ménages urbains sans leur imposer des démarches supplémentaires. La présidence promet par ailleurs un mécanisme de traçabilité automatique destiné à rassurer une population régulièrement méfiante face aux risques de détournement.

Au-delà de la fiscalité, Brice Oligui Nguema ambitionne de redéfinir le rapport des Gabonais aux services publics. Selon lui, la TFH doit initier un nouveau pacte fiscal où chacun contribue proportionnellement à son usage des infrastructures urbaines. L’objectif final est de construire un financement durable pour des villes propres, fonctionnelles et capables de soutenir le développement économique.

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