L’échange a été frontal. Invité de l’émission « Tête-à-tête » sur France 24, l’ancien député gabonais Bertrand Zibi Abeghe a vivement contesté les accusations portées par l’ancienne Première dame Sylvia Bongo Ondimba, qui affirme être victime de séquestration depuis la chute du régime d’Ali Bongo Ondimba.
Pour l’ancien parlementaire, ces déclarations relèvent d’une tentative de repositionnement politique dans un contexte où les responsabilités du système Bongo font l’objet d’un examen croissant.
Aujourd’hui conseiller stratégique de l’Union des bâtisseurs, mouvement politique associé au président Brice Clotaire Oligui Nguema, Bertrand Zibi Abeghe s’est montré particulièrement critique à l’égard de l’ancienne Première dame.
Selon lui, Sylvia Bongo aurait exercé une influence déterminante dans la gestion du pouvoir durant les dernières années du mandat de son époux, notamment après l’accident vasculaire cérébral survenu en 2018.
L’ancien député affirme que durant cette période, l’accès au chef de l’État aurait été strictement contrôlé par un cercle restreint de conseillers, alimentant de nombreuses spéculations au sein de la classe politique gabonaise.
Dans l’entretien accordé à France 24, Bertrand Zibi Abeghe est également revenu longuement sur son propre parcours judiciaire et carcéral. Arrêté dans la foulée de la crise post-électorale de 2016, il affirme avoir été détenu pendant près de six années.
Il décrit une incarcération marquée par des conditions particulièrement dures. Selon son témoignage, il aurait été soumis à des traitements humiliants et à un isolement prolongé durant plusieurs années.
L’ancien parlementaire affirme notamment avoir été plongé pendant plusieurs jours dans une fosse septique après son arrestation, un épisode qu’il présente comme une tentative d’intimidation.
Il évoque également d’autres figures politiques ayant, selon lui, subi des violences en détention, parmi lesquelles le syndicaliste Jean-Rémi Yama et l’ancien directeur de cabinet présidentiel Brice Laccruche Alihanga.
Enfin, Bertrand Zibi Abeghe a évoqué les événements du 31 août 2016, lorsque les forces de sécurité avaient pris d’assaut le quartier général de l’opposition à Libreville.
Selon lui, cet épisode constitue l’un des moments les plus sombres de l’histoire politique récente du Gabon et mérite encore aujourd’hui des investigations approfondies afin d’établir la vérité sur le nombre réel de victimes.
